La mode
Les étoffes blanches ou mélangées de blanc, très fréquemment employées dans les costumes d'été, sont dues à une heureuse fantaisie de la mode, seyante entre toutes. Les lainages et le petit drap sont en majorité avec le voile, la mousseline de laine et les crépons ; mais il y a aussi le foulard garni de dentelle de Venise bise, le surah, la mousseline de soie et la gaze ; ces deux derniers tissus très employés pour les fêtes musicales de jour du casino et les soirées.
On peut varier presque autant les costumes blancs que les autres, en changeant de gilet et remplaçant celui-ci par une blouse de soie ou de dentelle. La cravate joue un grand rôle dans les transformations ; tantôt c'est une régate longue, en surah blanc, descendant sur la chemisette d'homme à petits plis ; tantôt c'est la cravate de foulard nouée négligemment, avec les bouts flottants, ou bien encore la cravate de dentelle Louis XIV ou la cravate également en dentelle, qui se continue en un coquille allongé qui jabote jusqu'à la taille.
Le jabotage est d'ailleurs à l'ordre du jour, on en met un peu partout et la dentelle n'en a pas le privilège ; les collerettes plissées, en surah ou en gaze, se continuent souvent en jabot sur le corsage.
Celui-ci est toujours très garni, et, bien que les boutons aient reparu avec avantage dans la décotation des costumes, ils n'ont point encore repris leur ancienne mission qui était de boutonner le corsage. Depuis que l'on a adopté des façons si originales pour les corsages et des garnitures qui ne tiennent aucun compte de leur structure, le corsage ferme où il peut, dissimulant cette fermeture soit sur l'épaule, soit sous le bras. Le corselet plait toujours, ainsi que la ceinture pointue, pour les tailles minces ; l'un et l'autre se font en rubans, en tissus de pierreries, en cuir fauve, en soie brodée, rappelant lesautres ornemcnts du costume.
La petite veste carrée, qui n'a en somme que les devants et qui s'arrête juste à la poitrine, a beaucoup de grâce ; elle se fait en velours bordé d'un galon ou bien en étoffe unie semblable au costume ; mais comme tout son charme est dans le contraste, toute la partie du corsage visible est soutachée même au-dessous de la ceinture ronde qui coupe la broderie. 11 nous faut toujours revenir à la veste, qui tient la première place dans il costume ; on commence à l'orner beaucoup de pattes brodées, de broderies, de passements et d'applications. Les divers ornements qui font déjà leur apparition vont se porter beaucoup à l'automne et plus tard.
C'est la veste ouverte qui se fait en majorité en ce moment, permettant toutes les fantaisies en fait de gilets, de blouses et de chemisettes. Quant aux toques, généralement longues, elles sont pointues rondes ou carrées, à volonté : il en existe d'aussi découpées que des lanières. Les revers qui les décorent ont la même variété, ce sont des revers châle, puis des revers droits. Ces revers se brodent ou se font en faille unie, en velours, en dentelle appliquée ou en moire.





