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    Les Bandits de Montpellier.

    Nos lecteurs sont au courant du drame épouvantable qui s'est déroulé à la prison de Montpellier dans la nuit du 23 au 29 décembre dernier.

    Quatre détenus, bandits de la pire espèce, les nommés Martini, Dexemple, Baze et Magnères, se sont évadés après avoir étouffé et pendu un de leurs codétenus, Hortet, qui les gênaient dans l'exécution de leur projet, et étranglé un gardien, M. Lambert, qu'ils ont surpris pendant qu'il sommeillait dans son poste.

    Une véritable battue fut immédiatement organisée dans la région pour retrouver lés évadés. Deux d'entre eux, Martini et Baze, furent arrêtés le lendemain dans les environs de Celle.

    Une foule évaluée à 5,000 personnes, les attendait à l'arrivée du train à Montpellier. Quand ils ont paru enchaînés comme des fauves, les habits déchirés, pieds nus et escortés de nombreux gendarmes, la foule s'est ruée sur eux en criant : A mort !

    A un moment donné les gendarmes ont été bousculés et les détenus frappés. C'est avec de grandes difficultés que la force armée a pu enfin gagner un omnibus et y loger les deux bandits, mais les chevaux n'ont pu marcher qu'au pas.

    Dans le trajet de la gare à la maison d'arrêt, l'omnibus a été plusieurs fois arrêté et escaladé. Enfin lés portes de la prison se sont refermées devant la foule qui, pendant longtemps encore, a continué à pousser des cris de mort.

    Dexemple a été arrêté le lendemain. A son arrivée les mêmes scènes se sont reproduites. Quant à Magnères, il est toujours introuvable.

    Notre dessin représente : 1° Les bandits étranglant leur codétenu et le pendant; 2° Les mêmes assassinant le gardien ; 3° L'arrivée des évadés enchaînés à la gare ; la foule surexcitée poussant des cris de mort et entourant l'omnibus qui les conduit à la prison.

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