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    Tableaux lyonnais : 2 - Au théâtre Joli : La crèche.

    Guignol a pour émule et concurrent : la Crèche, spectacle d'origine lyonnaise, réminiscence des représentations religieuses, au moyen-âge, des mystères de la Nativité.

    Ce spectacle, depuis quelques années, s'est écarté des anciennes traditions. On a mis de côté les prologues religieux qui précédaient toutes les grandes pièces de résistance de l'époque, vaudevilles, drames et féeries.

    Néanmoins, chaque année, aux approches du nouvel an, on reprend la scène qui a tant amusé notre enfance, la scène naïve et si touchante de-, l’Adoration des Mages, que deux types lyonnais légendaires, le père et la mère Coquard, animent de leurs bons mots et de leur mauvais caractère. Comme autrefois, ils arrivent en retard, essoufflés, toussant, crachant et maudissant le brouillard et le froid.

    Leur apparition sur la scène est toujours d'un effet merveilleux. La canne, la lanterne surtout, du père Coquard, ont toujours un énorme succès auprès des bambin, qui prennent un plaisir extrême aux disputes des vieux époux lyonnais.

    La Crèche, établie d'abord, en 1770, rue Noire (aujourd'hui rue Stella), émigra rue Ferrandière, puis rue de Bourgchanin (aujourd'hui rue Belle- Cordière) ; enfin, elle s'installa rue Ste-Marie-des- Terreaux dans la jolie sale construite, dit-on, par l'architecte Pollet, auquel on doit également les gracieux encadrements gothiques de la scène.

    Nous donnons, du reste, un dessin très exact de ce coquet théâtre, au moment même où viennent d'entrer, par la coulisse, de droite, le père et la mère Coquard, que de nombreux bébés saluent de leurs applaudissements.

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