Le général Romarino.
Notre ville a maintenant dans ses murs le général Ramorino et le capitaine Rochetin, l'un de ses aidesLes brillans souvenirs de l'héroïque guerre la Pologne suffiront pour immortaliser le souvenir du général; cependant nous sommes d'autant plus heude trouver cette occasion de le faire mieux connaître à nos concitoyens, que sa conduite, pendant Panoie qui vient de s'écouler, a donné lieu à diverses interprétations qui, nous croyons pouvoir l'assurer, s'éloignaient toutes de la vérité.
Né à Gènes, alors que cette ville était française, Ramorino vint de fort bonne heure servir son pays, en se faisant soldat. Il fit la malheureuse campagne de Russie ; et il avait 23 ans lorsqu'il combattit comme chef d'escadron de la garde à cette journée, trois fois malheureuse, dont les Français ne parlent pas sans un profond sentiment de tristesse, à la bataille de Waterloo!...— Rentré dans sa ville natale, il fut, en 1821, l'un des plus ardens promoteurs de la révolution sardoilalienne, et pour dérober sa tète à la hache des tyrans, il lui fallut fuire en France. — Lorsqu'au mois de septembre 1830, la révolution polonaise fut opérée, Ramorino reçut du comité polonais de Paris au nom de la France, liée alors par l'astuce salanique de ses gouvernans, l'honorable mission de secourir nos frères de Pologne!.. Il partit, et lorsqu'après cette longue et terrible catastrophe, qui se termina par la prise de Varsovie, il revint en France, l'accueil que lui firent les départemens de l'Est, et les persécutions qu'il éprouva aussitôt de la part du pouvoir , prou-- vèrent que la nation devait être contente de son fils!.. A Paris, le général ne cessait de rêver à des idées d' affranchissement, quand un nouveau fait politique sembla devoir lui fournir une occasion de se consacrer encore à la conquête de la liberté!... Il ne vit dans la question du Portugal, ni Don Pedro, ni Don Miguel, ni Dona Maria, il ne considéra que le pays qui faisait entendre des cris d'indépendance et de liberté et auquel il voulut porter secours. Accompagné d'un certain nombre de Polonais, il se rendit en Portugal, mais l'esprit despotique de Don Pedro se dessinait déjà; celuiMevina dans le général Romarino plutôt un ennemi qu' un ami, et lui fit défendre de débarquer. L'énergie du général triompha du mauvais vouloir du Régent; tous ceux qu'il avait amenés furent avantageusement placés; puis n'ayant plus rien à faire sur cette terre, déjà as^ervie par un nouveau tyran, il se rembarqua immé■tteattSK pour Londres, d'où il revint à Paris. — On le voit pour être encore courte, c'est une vie fort belle et fort bien remplie!... — Le général Romarino estdeI - comme il le dit lui-même, tout-à-fait cosmopose recrée par des voyages continuels.






